mardi 24 novembre 2009

Burt Bacharach ou le génie de la pop américaine!

Burt Bacharach est sans doute l'homme qui a composé le plus de tubes de pop music aux Etats Unis. Avec son fidèle parolier Hal David ils ont répandus sur les années 60 une multitude de perles mélodiques et mélancoliques aux arrangements luxuriants. Interprétées par divers interprètes ces chansons sont toujours des classiques. Alors voici une razzia de tubes intemporels qui assureront une opulante richesse à quelques générations d'héritiers du grand Burt Bacharach!
Attention, du très très lourd!















jeudi 12 novembre 2009

Quelques soirées en présence de Francis Ford Coppola

J'avais déjà vu Coppola mais sur le moment je croyais avoir halluciné. Il faut dire que le cocktail de la semaine avait été explosif: jetlag+alcool+indigestion. C'était à San Francisco en avril 2006, un samedi soir, j'avais pris un verre dans un bar de North Beach. Je me souviens très bien qu'il y avait 3 créatures qui jouaient au billard mais il y avait aussi 3 mecs qui avaient l'air de bien les connaître. En plus la serveuse était ouvertement lesbienne alors je décidais de rentrer à mon hôtel pour dormir enfin. Mais je rentrais à pied en passant par Kearny Street. Au 716 se dresse le très vintage Sentinel building, QG de Coppola avec son café au rez de chaussée. Je passais devant de l'autre côté de la rue et me disais en regardant un groupe de 4 personnes prenant un verre: "tiens c'est drôle ce sosie de Coppola à la terrasse du café de Coppola portant le même béret que Coppola et assis à côté du sosie de la femme de Coppola!" Mais je n'avais plus ma lucidité et j'étais à 10 mètres, la route est large ici. J'ai passé mon chemin. Le lendemain j'achète le San Francisco Chronicle et je tombe stupéfait sur l'article suivant: "Matt Dillon dishes on Factotum private parts". Dans lequel est écrit que Matt Dillon venu présenter son nouveau film au festival de San Francisco la veille s'est arrêté saluer Francis Ford Coppola, l'homme qui a lancé sa carrière, au café Zoetrope pour un dîner. Non content d'avoir vu Coppola en vrai j'avais aussi vu le dos de Matt Dillon!
3 ans et demi plus tard Coppola débarque à Paris présenter son nouveau film Tetro. Il y aura une masterclass à la Fnac Montparnasse le vendredi 13 au soir. Le maître, le parrain, la légende du Nouvel Hollywood à 300 m de chez moi, impossible de manquer ça! Je me retrouve donc à faire la queue rue de Rennes dés 8h du matin pour obtenir le précieux sésame quand j'apprends qu'il sera le soir même dans un grand cinema des Halles pour présenter son nouveau film Tetro en avant première.
Mardi à 20h je suis donc à l'UGC des Halles. L'avant première est programmée dans 2 salles à un quart d'heure d'intervalle! Et Coppola passe de salle en salle pour la présentation. Il est pondéralement énorme mais à l'air en bonne forme avec son ample costume clair et son écharpe nouée autour du cou. Il est excessivement à l'aise pour parler à une foule et fait un speech d'introduction très sympa. George Lucas, Apocalypse Now, une anecdote sur ses oscars fracassés (et Francis, je les ai vu tes oscars dans ton château de Napa Valley...), l'idée de son nouveau film venu d'une phrase retrouvée dans ses archives de jeunesse... Je ne suis pas sûr que tout soit vrai, mais quel talent de storyteller!
Puis vint l'événement majeur du vendredi soir à la Fnac. Après 1 heure d'attente nous pouvons enfin entrer dans la salle de rencontres. Tout le monde s'est mis sur son 31 à la Fnac et Christine Masson la maîtresse de cérémonie s'est même maquillée. Le maestro fait son apparition à 20h30 avec le cador français des traducteurs (on connaît tous sa voix) à ses côtés. D'emblée Coppola prend la direction des opérations. "Je n'aime pas le terme de "masterclass" car le cinéma est un art jeune et nous sommes tous des étudiants. J'ai autant à apprendre de vous que j'en ai à vous apprendre."
Aprés 3 questions de la journaliste la parole est donnée aux public. Coppola veut être en relation directe avec son audience. Il aime ça, ce contact, cette transmission. Une question est posée sur Roger Corman (le mythique producteur de série B qui a donné sa chance à tant de talents dont Scorsese, Cameron, Dante, Demme, Nicholson et Coppola bien sûr) qui permet à Francis ("don't call me Mr Coppola, call me Francis") de raconter ses débuts dans le cinéma quand il avait 20 ans avec un talent pour propager sa propre légende assez fascinant! Il parle de ça comme si c'était arrivé hier alors que ça date d'il y a 50 ans. La fameuse annonce à laquelle il a répondu, Corman cherchait quelqu'un qui parlait russe pour remonter une serie B dont il avait acquis les droits, ses ruses pour montrer à Corman qu'il bossait toute la nuit (il s'allongeait toujours sur la table de montage le matin et faisait semblant de dormir!). En fait Coppola dit toujours oui même quand il ne sait pas. "Si tu as un doute, achète" telle est sa devise! Et il s'est donc retrouvé ingénieur du son (il avait lu la notice de l'appareil pendant toute une nuit aprés avoir affirmé à Corman qu'il savait s'en servir!) en Europe sur un film de Corman. En présence de tout le materiel cinematographique Coppola demande à Corman de faire un film. Celui-ci accepte et lui donne 20000$ (Corman est considéré comme le plus grand radin de l'histoire de cinéma, c'était un ingénieur, il connaissait les chiffres et avait des tas de règles strictes mais il a toujours pris des risques et donné sa chance aux jeunes. Coppola dit d'ailleurs qu'en production il a tout appris de lui. Il a titré son autobiographie "Comment j'ai fait des centaines de films à Hollywood sans jamais perdre un centime!"). Ce diable de Coppola arrive à vendre les droits d'exploitation du film, pas encore tourné, à une société pour 20000$ que lui réclame tout de suite Corman. Mais Coppola lui fait comprendre que non! Ce petit film d'horreur tourné en Irlande s'appelle Dementia 13 et est la 1ère réalisation de Francis Ford Coppola. Coppola est peut être le seul réalisateur au monde a engager son argent personnel pour faire un film, il l'a fait plusieurs fois. C'est d'ailleurs avec son argent gagné avec le vin et l'hôtellerie de luxe qu'il a produit totalement indépendamment ses 2 derniers films. Il déteste Hollywood.
Coppola revient aussi sur la mutation du cinema avec le numérique qui confirme sa théorie sur la jeunesse du cinema, langage en perpétuelle évolution. Il avait prédit tout ça nous rappelle t il il y a 30 ans aux Philippines en tournant Apocalypse Now dans des conditions dantesques. "Bon sang mais il doit y avoir un moyen plus simple de faire tout ça!". A l'époque, la fin des années 70, tout le monde le prenait pour un fou. Warren Beatty ("toujours extrêmement gentil avec toutes les femmes!") le conduit même chez le docteur! Il ajoute une anecdote que je n'ai pas pu vérifier: à la cérémonie des oscars 1979 il vient remettre l'oscar du meilleur réalisateur avec la sublime Ali McGraw. C'est Michael Cimino qui obtient la statuette pour Voyage au bout de l'enfer mais avant de la remettre Coppola s'exclame devant le parterre stupéfait des huiles hollywoodiennes que l'avenir du cinema sera électronique!!! Il avait raison, dans 10 ans tous les films seront tournés en numérique (comme son dernier, Tetro, photographié par un jeune chef op roumain présent dans la salle) et projetés en numérique. Au début des années 80 il se lancera dans l'aventure du studio Zoetrope en dirigeant, en direct de son camion régie, le fish eye, les effets spéciaux et la lumière électroniquement de Coup de coeur.
D'ailleurs Francis ne voit rien de mal à ce que des jeunes "échangent" des musiques et des films avec leur ordinateurs... Osé de dire ça à la Fnac. Rires dans la salle.
Il bonnifie toutes les questions, toutes ses réponses sont passionantes!
Coppola en bon américain aime la jeunesse et transmettre, apprendre aux jeunes, ça se voit, tout en les respectant, on se parle d'égal à égal. A la fin de la rencontre il exhorte le public à poser des questions, de préférence difficiles. "Allez y pas de micro, criez! Qui est prêt à mourir ("dying for") pour poser sa question?" La journaliste: "Bon et bien on va terminer là..." Coppola: "Non, non, encore 3 questions, allez encore, toi, SHOUT!!! encore 2 questions, etc..." A la fin il s'en va à la rencontre du public... serrer quelques mains. Un monstre!
Pendant la rencontre Coppola a rappelé la genèse d'Apocalypse Now. Il devait produire ce "gros" film de guerre pour gagner de l'argent pour pouvoir faire des "films d'art" comme il dit. Tous les films de guerre faisaient de l'argent à l'époque. George Lucas le protégé de Coppola devait le réaliser mais il s'est impliqué dans un petit projet personnel de science fiction: Star Wars... Coppola a alors demandé à John Millius, le scénariste, de le réaliser mais celui-ci est parti tourner Conan le barbare! Alors il l'a fait lui même... On connaît la suite! Coppola prend sa famille (comme toujours) et part tourner Apocalypse Now aux Philippines. Il donne une caméra à sa femme pour qu'elle ne s'ennuie pas. Le making of réalisé par Eleanor Coppola s'appelle "Hearts of darkness" et il est un document exceptionnel sur la folie des hommes pour mener à bien la réalisation d' une oeuvre! Coppola est possédé par son projet, quasiment fou, Martin Sheen dans une grosse période de trouble personnel est totalement deconnecté, Dennis Hopper est DEFONCE et Marlon Brando n'est là que pour prendre un maximum de pognon, il se fout royalement du film!


samedi 24 octobre 2009

MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (1/20)

Ce désespérant samedi pluvieux d'automne est le jour idéal pour finir la série consacrée à Manchester. Nous nous quittons donc avec une vidéo exceptionnelle qui s'ouvre sur les salves verbales du barde de Salford, John Cooper Clarke (qu'on ne vienne pas nous bassiner avec le slam!). On retrouve ensuite Joy Division qui y joue Transmission. Feu Ian Curtis le chanteur se pendra dans sa cuisine à 23 ans la veille de partir en tournée aux Etats-Unis. Barney, Peter et Steven créeront ensuite New Order l'un des groupes les plus populaires des années 80, toujours détenteur du record du maxi 45 tours le plus vendu au monde: Blue Monday. C'est produit par feu Martin Hannett, le plus grand producteur de rock des années 80. Manager: feu Robb Gretton et le designer est Peter Saville qui est l'un des plus côté au monde aujourd'hui. C'est une émission de télévision qui doit dater de 1979 et présenté par feu Tony Wilson, disparu il y a 2 étés, le grand gourou de la scène musicale mancunienne, fondateur du label Factory et du night club le plus cèlèbre d'Europe: la Hacienda. Il est l'homme qui a féderé tous ces talents exceptionnels. Pour moi Factory ne signifiera jamais New York ni Andy Warhol mais Tony Wilson et Manchester!
Dans la soixantaine de chansons enregistrés par Joy division entre 1976 et 1980 (2 albums et des singles à gogo) j'ai eu beau chercher un raté, une faille mais je n'ai rien trouvé, c'est bien le meilleur groupe du monde.
JOY DIVISION

lundi 5 octobre 2009

MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (2/20)

Où l'on retrouve Morrissey à ses débuts accompagné de l'excellent Johnny Marr au sein d'un des groupes les plus fabuleux des années 80: les Smiths. La quintessence du groupe de rock indépendant!
THE SMITHS

jeudi 24 septembre 2009

Vendanges nîmoises

C'était il y a une semaine maintenant, vendredi 18 septembre 2009, 16h, Nîmes, café de la bourse face aux arènes, un pastis à la main. 11 ans jours pour jours après la 1ére fois. L'auteur du livre que je viens d'acheter est juste à quelques tables de moi avec ses potes, ils font de drôles de têtes et puis je n'ai pas de stylo, merde!
11 ans jours pour jours donc aprés l'alternative du Juli (j'y étais). Sur la pierre millénaire des amphitéatres (on dit andanadas à Madrid) où les romains usèrent leur toge il y a quelques temps maintenant, on s'est préparé pour l'orage diluvien annoncé depuis la veille... On confirme les alternatives ici alors l'arlésien Roman Perez passe en 1er devant les toros de Garcigrande... 1 oreille. Puis vint El Juli. Il sembla commencer sa faena dés la sortie du toro, avec sa cape (!) qu'il mania avec une science jamais vu. C'est simple, jusqu'au dernier souffle du toro El Juli ne fit que le geste parfait, une domination technique exceptionnelle atteignant la perfection et d'une grande beauté plastique qui plus est. Il fut en plus intelligemment accompagné par l'orchestre des arènes. On regardait ça en silence avec la chair de poule. Une leçon de tauromachie. Ils appellent ça un faenon maintenant dans la presse. Du grand art. 2 oreilles directes. Castella n'a pas existé après et El Juli est revenu quand enfin l'averse promise nous est tombé sur la gueule! Quel bordel dans l'arène avec les picadors et les peons. El Juli reprend heureusement les choses en main pour une nouvelle domination technique. 1 oreille. A noter les 6 estocades entières, recta, du jamais vu pour ma part. Ce monstre d'El Juli sort par la porte des consuls comme on dit là bas (3 trophées minimum).
Aprés une journée de repos, sous le regard du Pic Saint-Loup, qui est quand même passée par Uzès, Montpellier, l'intermarché de Lunel, les vignes, encerclés par les abrivados que nous fûmes... Nous revoilà aux arènes le dimanche matin, sous le soleil cette fois, pour le mano a mano Castella/Morante. Toujours autant de monde dans le callejon nîmois, Jugnot est là avec son pote Margé. A la jumelle je vois Margé, l'empressa des arènes bitteroises, serrer la pince à Morante lui qui n'est jamais venu toréer à Béziers...
Alors que j'étais venu pour Morante c'est la surprise, pour la 1ère fois Castella va m'émerveiller. Il m'avait toujours déçu que ce soit à Béziers ou à Nîmes l'an dernier. Mais là il s'est vraiment comporté en patron. Il a fait du toro de Victoriano del Rio ce qu'il voulait. On a encore frissonné sur les gradins. 2 oreilles. A son 2ème, Castella fera son spécial, aller toréer dans les cornes du toro à bout de forces chercher les passes une par une au plus prés de l'émasculation! Cette fois il est allé vraiment prés! 2 nouvelles oreilles. Pendant ce temps là Morante nous a gratifié d'une belle faena avec son entame superbe épaules haussées. Malgré quelques moments de grande pureté et de belles séries de passes il a moins transmis d'émotion sur les gradins... Il est en plus allé s'enfermer dans un coin et ne nous a rien montré à la cape lui le génie de la véronique templée. Alors un peu de frustration quand même pour le maestro andalou. 1 oreille (j'ai agité mon mouchoir). Avec les jumelles je m'aperçoit que son valet d'épée n'a pas le physique de l'espagnol moyen et encore moins d'un sévillan. Hallucinant, c'est un vrai rouquin baraqué. Une sorte de rugbyman irlandais ou un étudiant du Massachusetts est le plus proche collaborateur de Jose Antonio Morante de La Puebla! Aprés tout l'oenologue de la Tour d'Argent est bien anglais.
C'est donc Castella qui sort par la porte des consuls.
Le soir les nuages menaçants sont revenus et nous n'echapperont pas à une dernière averse. Jean-Baptiste Jalabert alias Juan Bautista se bat avec ses moyens contre un exemplaire de Valdefresno. C'est brouillon. A son 2éme adversaire il usera de la passe circulaire pour conquérir (facilement) le public. Que cette reactivité extreme du public m'énerve, comme en transe, dés qu'un torero pose une main sur le cul du toro et le fait tourner autour de lui avec la muleta dans l'autre main. Le torero ne risque pas grand chose en plus... A quand la faena intégralement circulaire??? 1 oreille pour Jean-Baptiste. C'est au tour de Miguel Angel Perera d'entrer en piste, le "numero uno" de la saison passée. Il a de la classe et c'est sa grande qualité. Car au niveau du style il est le frère jumeau de Castella: tauromachie froide, arrêté, dans des terrains très réduits. Il finira son oeuvre avec la passe circulaire, lui aussi, mais avec tellement plus de classe... 2 oreilles. Je l'ai prédit à mon voisin "et maintenant la queue!" avant le dernier toro de l'apres midi, de la féria et de la temporada française. Daniel Luque, le jeune torero de 20 ans qui monte, a déjà glané 1 oreille à son 1er passage mais sans particulièrement nous faire frémir. Mais là avec un toro d'une noblesse certaine il va se lâcher. Apres un beau début de faena il plante l'épée factice, qui tend la muleta, dans le sable de la piste, perpendiculaire! Il ne la reprendra pas. Il va enchainer les naturelles de la main droite (figure trés rare) puis de la gauche évidemment. Alors que je l'observe en gros plan aux jumelles il invente carrément des passes avec des changement de mains diaboliques aux nasaux et à la barbe du toro. Le public est en transe. Aprés une estocade entière le toro vient mourir aux pieds du maestro. Le président abat alors tous ces mouchoirs: 2 oreilles, la queue et vuelta al ruedo pour le toro! 2 whiskis et une coupe de champagne devrais je ajouter. Inutile de vous dire que Luque est sorti par la porte des consuls avec un sourire jusqu'aux oreilles après avoir donné une tape amicale à la dépouille du toro!
Bilan: toros pour vedettes quasi miraculeux (bonne présentation et assez de forces pour la plupart, pour une fois!), 5 faenas à 2 oreilles et plus, 3 portes des consuls...
On reviendra.

samedi 5 septembre 2009

MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (3/20)

Factory 183
NEW ORDER

vendredi 21 août 2009

MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (4/20)

J'ai pris la tornade des Stone Roses de plein fouet en 1989 avec leur premier album inimaginable. Un disque usé jusqu'à la corne (en l'occurrence une cassette!).
THE STONE ROSES