Puis il s'entoure la tete de dynamite et allume la mèche pour une expérience "artistique". Conséquences: Il arrête la défonce et devient Républicain! Il est alors le second rôle le plus génial d'Hollywood. Il est monstrueux dans Blue Velvet quand Lynch s'impose cinéaste et est le premier a donné corps comme personne a la prose Tarantinienne dans True Romance. Il a aussi réalisé quelques bons films comme Out of the Blue, Catchfire, Colors. Épousé des femmes sublimes, de la fille d'un grand agent Hollywoodien, Brooke Hayward, à la chanteuse des Mamas and Papas, Michelle Phillips, and passant par la créature Antonionienne de Zabriskie Point, Daria Halprin... Quel autre homme plus que lui aura mieux incarné le Hollywood de ces 50 dernières années dans toute sa grandeur, créativité et folie??? Du Hollywood mythique des grands studios aux artistes pop, de la nouvelle scène rock californienne des sixties à la révolution hollywoodienne des années 70 il en a était un acteur principal ou un précieux témoin. Je dirais même plus, il a été le monstre sauvage d'Hollywood! La cinémathèque française ne s'y était pas trompé en organisant une formidable rétrospective l'an dernier que son immense talent méritait. J'avais eu la chance de le voir a cette occasion. So long Dennis!
dimanche 30 mai 2010
Dennis Hopper, une légende hollywoodienne
Dennis la belle gueule a commencé jeune. Sous contrat avec la Warner dans les années 50 comme acteur prometteur il est aux premières loges sur le belvédère du Griffith observatory quand James Dean joue du couteau dans le mythique La fureur de vivre de Nicholas Ray. On l'aurait même vu dans Johnny Guitar! Mais la politique des studios c'est pas son truc. Il devient finalement un artiste west coast, grand photographe du Los Angeles des années 60, il est là avec ses amis Ruscha ou Rauschenberg. Il fréquente même l'immense Marcel Duchamp à la fin de sa vie qui passait par la. C'est lui et son Nikon qui couvrent la session d'enregistrement la plus démesurée de l'histoire du rock: River deep mountain high de Tina Turner sous la direction de son ami dégénéré Phil Spector. Dans sa villa des collines au 1712 Crescent Heights, toute la scène artitistique et rock locale ainsi que les futurs acteurs du Nouvel Hollywood passent. Roger Vadim et Jane Fonda sont des habitués et il couvrira leur mariage a Vegas. Dennis revient au cinéma en interprétant et co réalisant le film qui allait changer et sauver Hollywood: Easy rider. Il repousse les limites cinématographiques avec The last movie mais surtout celles de la défonce. Un art de vivre pour lui! Seul Keith Richards a du faire mieux et encore... Il joue son propre rôle dans le sommet de la folie du cinéma américain des années 70, Apocalypse Now, un photographe défoncé perdu dans un monde parallèle. Même Coppola a failli craquer. Il a erré chez Wenders dans L'ami américain et on l'a même aperçu dans un film réalisé par Francois Weyergans...
Puis il s'entoure la tete de dynamite et allume la mèche pour une expérience "artistique". Conséquences: Il arrête la défonce et devient Républicain! Il est alors le second rôle le plus génial d'Hollywood. Il est monstrueux dans Blue Velvet quand Lynch s'impose cinéaste et est le premier a donné corps comme personne a la prose Tarantinienne dans True Romance. Il a aussi réalisé quelques bons films comme Out of the Blue, Catchfire, Colors. Épousé des femmes sublimes, de la fille d'un grand agent Hollywoodien, Brooke Hayward, à la chanteuse des Mamas and Papas, Michelle Phillips, and passant par la créature Antonionienne de Zabriskie Point, Daria Halprin... Quel autre homme plus que lui aura mieux incarné le Hollywood de ces 50 dernières années dans toute sa grandeur, créativité et folie??? Du Hollywood mythique des grands studios aux artistes pop, de la nouvelle scène rock californienne des sixties à la révolution hollywoodienne des années 70 il en a était un acteur principal ou un précieux témoin. Je dirais même plus, il a été le monstre sauvage d'Hollywood! La cinémathèque française ne s'y était pas trompé en organisant une formidable rétrospective l'an dernier que son immense talent méritait. J'avais eu la chance de le voir a cette occasion. So long Dennis!
Puis il s'entoure la tete de dynamite et allume la mèche pour une expérience "artistique". Conséquences: Il arrête la défonce et devient Républicain! Il est alors le second rôle le plus génial d'Hollywood. Il est monstrueux dans Blue Velvet quand Lynch s'impose cinéaste et est le premier a donné corps comme personne a la prose Tarantinienne dans True Romance. Il a aussi réalisé quelques bons films comme Out of the Blue, Catchfire, Colors. Épousé des femmes sublimes, de la fille d'un grand agent Hollywoodien, Brooke Hayward, à la chanteuse des Mamas and Papas, Michelle Phillips, and passant par la créature Antonionienne de Zabriskie Point, Daria Halprin... Quel autre homme plus que lui aura mieux incarné le Hollywood de ces 50 dernières années dans toute sa grandeur, créativité et folie??? Du Hollywood mythique des grands studios aux artistes pop, de la nouvelle scène rock californienne des sixties à la révolution hollywoodienne des années 70 il en a était un acteur principal ou un précieux témoin. Je dirais même plus, il a été le monstre sauvage d'Hollywood! La cinémathèque française ne s'y était pas trompé en organisant une formidable rétrospective l'an dernier que son immense talent méritait. J'avais eu la chance de le voir a cette occasion. So long Dennis!
samedi 20 février 2010
A la recherche de David Lynch
Ca avait pourtant mal commencé. J'avais bien vu Elephant Man en VHS loué au vidéo club et il fallait bien reconnaître le savoir faire du réalisateur, mais l'extrême pathos du film était difficilement supportable. J'étais aussi resté totalement hermétique face aux vers géants de Dune. Blue Velvet était un film plus fun mais trop maniéré pour totalement me convaincre. Et puis j'avais du enregistrer Eraserhead à la télé, son 1er film, l'oeuvre culte qui l'a fait connaître. Quelle épreuve, j'ai du le voir en 10 fois, mais je l'avais vu... 1990, sortie de Sailor & Lula qui vient de remporter la palme d'or à Cannes. Je me souviens y être allé un samedi après midi au cinéma Le Dragon à La Rochelle avec mon poteau Christophe C. (c'était l'époque où on jouait aux échecs comme des mabouls!). Je me souviens aussi très bien avoir détesté ce film, il n'y a pas d'autres mots! C'était une insuportable parodie de film noir avec quantités de clichés et autres gimmicks (les gros plans sur les cigarettes s'allumant m'avaient rendu fou!). Le dossier Lynch était classé, c'était clair dans mon esprit, David Lynch était un mauvais réalisateur et je ne l'aimais pas! Je pensais comme Bukowski qui écrit dans son roman Hollywood à propos de Lynch et Isabella Rossellini qu'il croise sur le tournage de Barfly un truc du genre:"j'avais l'impression qu'ils se croyaient supérieurs à moi mais je m'en foutais car je savais que j'étais supérieur à eux".
Et puis le buzz est arrivé progressivement. La série Twin Peaks venu des Etats-Unis était un "truc" qui aller révolutionner la télévision. Et en plus c'était génial! J'avais entendu ça dans l'émission de Bernard Lenoir. C'était une série conçu par David Lynch. La série allait être diffusée en France sur la 5 de Berlusconi! Ce soir là d'avril 1991 j'étais seul à la maison et n'avait pas encore fait mon choix. Il y avait un super film sur une chaîne et le 1er épisode de Twin Peaks sur la 5. Je zappais entre les 2 chaînes quand soudain 2 notes de basse et une nappe de synthétiseur m'aspirèrent dans un tourbillon merveilleux dont je ne pouvais me défaire. Mystères à Twin Peaks venait de commencer sur la musique magique d'Angelo Badalamenti et les vocalises éthérées de Julee Cruise. Inutile de vous dire que j'ai laché rapidos la télécommande et n'ai pas raté un épisode pendant 6 mois. Cette série était devenue une veritable drogue! Un feuilleton fantastico poetico policier loufoque avec une galerie de personnages pour le moins rejouissante... Mais qui avait tué Laura Palmer???
A la fin de sa vie Francis Bouygues decida de produire des "films d'auteurs" par le biais de la socièté CIBY 2000. En plus de Talons Aiguilles et La Leçon de Piano il produisit le nouveau long métrage de David Lynch. Celui-ci choisit de faire une version cinéma de Twin Peaks. Il semble que Lynch ait eu une totale liberté pour faire ce film et il s'en donna à coeur joie. Une actrice principale de la série remplacée par une jeune inconnue pour reprendre son rôle mais c'est dans le style qu'il se lacha le plus. Le film se passait avant le début de la série et ne reprenait pas son personnage le plus charismatique: l'agent spécial du FBI Dale Cooper! Et il se permettait même de placer une séquence extrème de night club de 10 minutes sur une musique hypnotique au milieu du film. C'est ça que j'avais préféré mais le film avait laissé tous les fans de la série terriblement frustrés. Ca n'avait rien à voir! Décidément, au moment où j'avais renoué avec Lynch il me laissait en rade.
Nous sommes en 92. Beaucoup oublie Lynch qui se consacre à des tas de projets parallèles... Les années passent jusqu'en 1997 quand on ré entend parler de David Lynch en tant que metteur en scène de cinéma. Son nouveau film s'appelle Lost Highway et les critiques sont bonnes. Rendez vous est pris avec Olbal, fan de toujours de Lynch lui, et Anne pour aller voir le film ensemble à La Rochelle. Double surprise il passe au multiplexe du méga CGR dans la plus grande salle, celle où on programme les grosses productions! Face à l'écran géant on en a pris plein la gueule. Assis dans les premiers rangs d'une salle quasi deserte ce samedi soir je dois avouer que j'ai assisté à un choc cinématographique. Celui en qui je ne croyais plus venait de révolutionner le récit cinematographique dans un film noir enigmatique, fascinant et jubilatoire! Quel bonheur, c'était maintenant clair dans mon esprit, l'homme qui avait conçu la série Twin Peaks et Lost Highway était un grand! Plus d'ambiguités possibles. Comme pour tous les chef d'oeuvres on l'avait vu venir dés le générique, la vision syncopée de la route américaine de nuit avec la double bande jaune sur fond du bien nommé "I'm deranged" par David Bowie. Anne avait eu du mal quand même. Surtout avec le personnage de nain maléfique (face de craie) interprété par Robert Blake (depuis il a tué sa femme pour de vrai et a été acquité et Spector et Polanski ont aussi payé pour lui...) qui se téléphone à lui même dans une séquence d'anthologie. La grande affaire du film c'était qu'au milieu du récit le personnage du film devenait un autre sans raison apparente et ça fonctionnait. Après ça on a bu des bières pour se calmer. En plus j'ai commencé a admirer le dandy Lynch avec sa coiffure improbable, son pantalon de toile à pince, son blazer et sa chemise, détail qui tue, fermée jusqu'au dernier bouton. Les interviews qu'il donne à la presse sont également un plaisir avec sa vision énigmatique et amusante des choses. Il va enchaîner avec un très beau petit film qui n'est pas un scénario personnel, Une histoire vraie. Je découvre en lisant les reportages et interviews que Lynch vivrait et aurait ses bureaux dans un ensemble de 3 maisons dans les collines hollywoodiennes dont l'une est celle ultra-moderne que l'on voit dans Lost Highway. J'avais d'ailleurs flashé sur cette maison en regardant le film.
2001, le nouveau film de Lynch, Mulholland Drive, est présenté à Cannes où il obtient le prix de la mise en scène. C'est une adaptation cinématographique d'un projet de série TV avorté. Du jamais vu comme concept et c'est produit par des français. A l'automne le film sort dans les salles auréolé d'une sacrée réputation. Je vais le voir en avant première à L'Arlequin rue de Rennes. C'est un nectar enivrant sur Hollywood, face lumière et face sombre, où tous les ingrédients Lynchiens (c'est désormais un adjectif) s'entremêlent à merveille en défiant les lois du réalisme. Je vais le revoir 2 fois dans les jours qui suivent dans des salles différentes et la magie opère à chaque fois. Je dévore toute la presse concernant le 1er grand film du nouveau millénaire. J'écoute la formidable B.O., une fois de plus, du compositeur attitré Angelo Badalamenti. Et je placarde même l'affiche géante dans ma chambre!
Dans une interview bonus d'un DVD Lynch parle de son amour pour la lumière de Los Angeles. J'avais ressenti ça dans les films ou à la télé sans être jamais allé à L.A. mais il est le premier à formuler clairement cette pensée. Ca me plaît! Quand au printemps 2006 je pars dans mon pèlerinage californien, Lynch fait parti des étapes incontournables. J'ai bien relu mes archives.
"ces hauteurs ont un nom: Outpost" Cahiers du cinéma spécial Lynch, 1999; "en contrebas de Mulholland drive" Télérama 1999. J'avais bien choisis mon hotel à Los Angeles, sur Franklin avenue, à 50 métres de Outpost drive! Sur le plan de la ville tentaculaire Outpost drive serpente dans les collines jusqu'à Mulholland drive et je connais la maison de visu grace à Lost Highway. Me voilà donc parti au volant de ma voiture de location dans les collines à la recherche de David Lynch! Les Hollywood hills sont quand même un sacré labyrinthe hyper sinueux et même en prenant des voies très étroites quasi privées aux noms hispaniques je ne trouvais point de spot Lynchien... l'impossibilité de faire demi tour et les panneaux anxiogènes de la Bel Air Patrol m'ont vite refroidis. Echec.
En février 2007 le nouveau film de Lynch sort en France, c'est Inland Empire, un film qui ferait passer Lost Highway et Mulholland Drive pour des films du dimanche soir sur TF1! C'est tourné en video numérique. Ses thèmes sont toujours là et la narration ... On se demande tout le long du film comment peut tenir debout un tel délire et pourtant ça marche encore. Impressionnant. Lynch est en France pour la promo du film. Après plus de 2 heures d'attente je rencontre enfin le maître, j'assiste à sa masterclass à la Fnac des Ternes toujours en février. Il est heureux de parler à son public, ses doigts ondulent perpétuellement tandis qu'il délivre son message sur l'origine des "idées". Totalement épanouie, voire jovial et obsédé par l'origine des "idées", il oscille entre ésotérisme et drôlerie... mais quel mèche de cheveux!!!
Dans la foulée une grande exposition de son oeuvre artistique (peintures, dessins, photographies) est organisée à la Fondation Cartier. Il est aussi doué pour tout ça, c'est un artiste multitâches, il fabrique aussi des meubles! C'est sans doute le créateur le plus passionnant de ces 20 dernières années.
Bref, ça m'énervait, je devais trouver où il habite! Je pousse les investigations sur internet et je trouve la piste sur un site allemand d'architecture (ne me demandez pas comment je suis arrivé là) où dans une interview Lynch dit habiter une maison construite par le fils de Franck Lloyd Wright. Je tape le nom de la maison dans Google et trouve l'adresse immédiatement. Et cette adresse correspond parfaitement à la zone que j'avais délimitée! Lors de mon voyage suivant à Los Angeles je pouvais allez vérifier de visu... Dans les collines hollywoodiennes, Lynch a ses bureaux dans la maison moderne de béton que l'on voit dans Lost Highway, juste à côté il y a une 2éme maison dans le même style et la fameuse construction de Lloyd Wright, là où il habite, un bloc rose, sans fenêtre avec une sorte de frise couleur bronze aux motifs sud américains primitifs... Une baraque de dingue!!! J'avais du mettre 2 ans mais je l'avais enfin trouvé ce putain de coin hollywoodien! Sa vie semble ressembler à son oeuvre!
En septembre 2009, Lynch a été invité par les Galeries Lafayette pour décorer les vitrines du grand magasin parisien. Le délire Lynchien est bien en place et ses vitrines sont amusantes. A l'étage du grand magasin sont aussi exposés des lithographies du maître... Et là c'est la stupéfaction! Ils expliquent que quand Lynch est venu pour son exposition à la Fondation Cartier en 2007 il a commencé à faire des lithographies dans un atelier de la rue du Montparnasse et ce sont celles là qui sont exposées. C'est à dire que quand je tournais en rond dans les collines de L.A. à sa recherche, David Lynch pouvait être en train de dessiner à Montparnasse, juste à côté de chez moi!
Depuis il fait la météo presque tous les jours pour son site internet, entre autres projets...
mardi 24 novembre 2009
Burt Bacharach ou le génie de la pop américaine!
Burt Bacharach est sans doute l'homme qui a composé le plus de tubes de pop music aux Etats Unis. Avec son fidèle parolier Hal David ils ont répandus sur les années 60 une multitude de perles mélodiques et mélancoliques aux arrangements luxuriants. Interprétées par divers interprètes ces chansons sont toujours des classiques. Alors voici une razzia de tubes intemporels qui assureront une opulante richesse à quelques générations d'héritiers du grand Burt Bacharach!
Attention, du très très lourd!
jeudi 12 novembre 2009
Quelques soirées en présence de Francis Ford Coppola
J'avais déjà vu Coppola mais sur le moment je croyais avoir halluciné. Il faut dire que le cocktail de la semaine avait été explosif: jetlag+alcool+indigestion. C'était à San Francisco en avril 2006, un samedi soir, j'avais pris un verre dans un bar de North Beach. Je me souviens très bien qu'il y avait 3 créatures qui jouaient au billard mais il y avait aussi 3 mecs qui avaient l'air de bien les connaître. En plus la serveuse était ouvertement lesbienne alors je décidais de rentrer à mon hôtel pour dormir enfin. Mais je rentrais à pied en passant par Kearny Street. Au 916 se dresse le très vintage Sentinel building, QG de Coppola avec son café au rez de chaussée. Je passais devant de l'autre côté de la rue et me disais en regardant un groupe de 4 personnes prenant un verre: "tiens c'est drôle ce sosie de Coppola à la terrasse du café de Coppola portant le même béret que Coppola et assis à côté du sosie de la femme de Coppola!" Mais je n'avais plus ma lucidité et j'étais à 10 mètres, la route est large ici. J'ai passé mon chemin. Le lendemain j'achète le San Francisco Chronicle et je tombe stupéfait sur l'article suivant: "Matt Dillon dishes on Factotum private parts". Dans lequel est écrit que Matt Dillon venu présenter son nouveau film au festival de San Francisco la veille s'est arrêté saluer Francis Ford Coppola, l'homme qui a lancé sa carrière, au café Zoetrope pour un dîner. Non content d'avoir vu Coppola en vrai j'avais aussi vu le dos de Matt Dillon!
3 ans et demi plus tard Coppola débarque à Paris présenter son nouveau film Tetro. Il y aura une masterclass à la Fnac Montparnasse le vendredi 13 au soir. Le maître, le parrain, la légende du Nouvel Hollywood à 300 m de chez moi, impossible de manquer ça! Je me retrouve donc à faire la queue rue de Rennes dés 8h du matin pour obtenir le précieux sésame quand j'apprends qu'il sera le soir même dans un grand cinema des Halles pour présenter son nouveau film Tetro en avant première.
Mardi à 20h je suis donc à l'UGC des Halles. L'avant première est programmée dans 2 salles à un quart d'heure d'intervalle! Et Coppola passe de salle en salle pour la présentation. Il est pondéralement énorme mais à l'air en bonne forme avec son ample costume clair et son écharpe nouée autour du cou. Il est excessivement à l'aise pour parler à une foule et fait un speech d'introduction très sympa. George Lucas, Apocalypse Now, une anecdote sur ses oscars fracassés (et Francis, je les ai vu tes oscars dans ton château de Napa Valley...), l'idée de son nouveau film venu d'une phrase retrouvée dans ses archives de jeunesse... Je ne suis pas sûr que tout soit vrai, mais quel talent de storyteller!
Puis vint l'événement majeur du vendredi soir à la Fnac. Après 1 heure d'attente nous pouvons enfin entrer dans la salle de rencontres. Tout le monde s'est mis sur son 31 à la Fnac et Christine Masson la maîtresse de cérémonie s'est même maquillée. Le maestro fait son apparition à 20h30 avec le cador français des traducteurs (on connaît tous sa voix) à ses côtés. D'emblée Coppola prend la direction des opérations. "Je n'aime pas le terme de "masterclass" car le cinéma est un art jeune et nous sommes tous des étudiants. J'ai autant à apprendre de vous que j'en ai à vous apprendre."
Aprés 3 questions de la journaliste la parole est donnée aux public. Coppola veut être en relation directe avec son audience. Il aime ça, ce contact, cette transmission. Une question est posée sur Roger Corman (le mythique producteur de série B qui a donné sa chance à tant de talents dont Scorsese, Cameron, Dante, Demme, Nicholson et Coppola bien sûr) qui permet à Francis ("don't call me Mr Coppola, call me Francis") de raconter ses débuts dans le cinéma quand il avait 20 ans avec un talent pour propager sa propre légende assez fascinant! Il parle de ça comme si c'était arrivé hier alors que ça date d'il y a 50 ans. La fameuse annonce à laquelle il a répondu, Corman cherchait quelqu'un qui parlait russe pour remonter une serie B dont il avait acquis les droits, ses ruses pour montrer à Corman qu'il bossait toute la nuit (il s'allongeait toujours sur la table de montage le matin et faisait semblant de dormir!). En fait Coppola dit toujours oui même quand il ne sait pas. "Si tu as un doute, achète" telle est sa devise! Et il s'est donc retrouvé ingénieur du son (il avait lu la notice de l'appareil pendant toute une nuit aprés avoir affirmé à Corman qu'il savait s'en servir!) en Europe sur un film de Corman. En présence de tout le materiel cinematographique Coppola demande à Corman de faire un film. Celui-ci accepte et lui donne 20000$ (Corman est considéré comme le plus grand radin de l'histoire de cinéma, c'était un ingénieur, il connaissait les chiffres et avait des tas de règles strictes mais il a toujours pris des risques et donné sa chance aux jeunes. Coppola dit d'ailleurs qu'en production il a tout appris de lui. Il a titré son autobiographie "Comment j'ai fait des centaines de films à Hollywood sans jamais perdre un centime!"). Ce diable de Coppola arrive à vendre les droits d'exploitation du film, pas encore tourné, à une société pour 20000$ que lui réclame tout de suite Corman. Mais Coppola lui fait comprendre que non! Ce petit film d'horreur tourné en Irlande s'appelle Dementia 13 et est la 1ère réalisation de Francis Ford Coppola. Coppola est peut être le seul réalisateur au monde a engager son argent personnel pour faire un film, il l'a fait plusieurs fois. C'est d'ailleurs avec son argent gagné avec le vin et l'hôtellerie de luxe qu'il a produit totalement indépendamment ses 2 derniers films. Il déteste Hollywood.
Coppola revient aussi sur la mutation du cinema avec le numérique qui confirme sa théorie sur la jeunesse du cinema, langage en perpétuelle évolution. Il avait prédit tout ça nous rappelle t il il y a 30 ans aux Philippines en tournant Apocalypse Now dans des conditions dantesques. "Bon sang mais il doit y avoir un moyen plus simple de faire tout ça!". A l'époque, la fin des années 70, tout le monde le prenait pour un fou. Warren Beatty ("toujours extrêmement gentil avec toutes les femmes!") le conduit même chez le docteur! Il ajoute une anecdote que je n'ai pas pu vérifier: à la cérémonie des oscars 1979 il vient remettre l'oscar du meilleur réalisateur avec la sublime Ali McGraw. C'est Michael Cimino qui obtient la statuette pour Voyage au bout de l'enfer mais avant de la remettre Coppola s'exclame devant le parterre stupéfait des huiles hollywoodiennes que l'avenir du cinema sera électronique!!! Il avait raison, dans 10 ans tous les films seront tournés en numérique (comme son dernier, Tetro, photographié par un jeune chef op roumain présent dans la salle) et projetés en numérique. Au début des années 80 il se lancera dans l'aventure du studio Zoetrope en dirigeant, en direct de son camion régie, le fish eye, les effets spéciaux et la lumière électroniquement de Coup de coeur.
D'ailleurs Francis ne voit rien de mal à ce que des jeunes "échangent" des musiques et des films avec leur ordinateurs... Osé de dire ça à la Fnac. Rires dans la salle.
Il bonnifie toutes les questions, toutes ses réponses sont passionantes!
Coppola en bon américain aime la jeunesse et transmettre, apprendre aux jeunes, ça se voit, tout en les respectant, on se parle d'égal à égal. A la fin de la rencontre il exhorte le public à poser des questions, de préférence difficiles. "Allez y pas de micro, criez! Qui est prêt à mourir ("dying for") pour poser sa question?" La journaliste: "Bon et bien on va terminer là..." Coppola: "Non, non, encore 3 questions, allez encore, toi, SHOUT!!! encore 2 questions, etc..." A la fin il s'en va à la rencontre du public... serrer quelques mains. Un monstre!
Pendant la rencontre Coppola a rappelé la genèse d'Apocalypse Now. Il devait produire ce "gros" film de guerre pour gagner de l'argent pour pouvoir faire des "films d'art" comme il dit. Tous les films de guerre faisaient de l'argent à l'époque. George Lucas le protégé de Coppola devait le réaliser mais il s'est impliqué dans un petit projet personnel de science fiction: Star Wars... Coppola a alors demandé à John Millius, le scénariste, de le réaliser mais celui-ci est parti tourner Conan le barbare! Alors il l'a fait lui même... On connaît la suite! Coppola prend sa famille (comme toujours) et part tourner Apocalypse Now aux Philippines. Il donne une caméra à sa femme pour qu'elle ne s'ennuie pas. Le making of réalisé par Eleanor Coppola s'appelle "Hearts of darkness" et il est un document exceptionnel sur la folie des hommes pour mener à bien la réalisation d' une oeuvre! Coppola est possédé par son projet, quasiment fou, Martin Sheen dans une grosse période de trouble personnel est totalement deconnecté, Dennis Hopper est DEFONCE et Marlon Brando n'est là que pour prendre un maximum de pognon, il se fout royalement du film!
samedi 24 octobre 2009
MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (1/20)
Ce désespérant samedi pluvieux d'automne est le jour idéal pour finir la série consacrée à Manchester. Nous nous quittons donc avec une vidéo exceptionnelle qui s'ouvre sur les salves verbales du barde de Salford, John Cooper Clarke (qu'on ne vienne pas nous bassiner avec le slam!). On retrouve ensuite Joy Division qui y joue Transmission. Feu Ian Curtis le chanteur se pendra dans sa cuisine à 23 ans la veille de partir en tournée aux Etats-Unis. Barney, Peter et Steven créeront ensuite New Order l'un des groupes les plus populaires des années 80, toujours détenteur du record du maxi 45 tours le plus vendu au monde: Blue Monday. C'est produit par feu Martin Hannett, le plus grand producteur de rock des années 80. Manager: feu Robb Gretton et le designer est Peter Saville qui est l'un des plus côté au monde aujourd'hui. C'est une émission de télévision qui doit dater de 1979 et présenté par feu Tony Wilson, disparu il y a 2 étés, le grand gourou de la scène musicale mancunienne, fondateur du label Factory et du night club le plus cèlèbre d'Europe: la Hacienda. Il est l'homme qui a féderé tous ces talents exceptionnels. Pour moi Factory ne signifiera jamais New York ni Andy Warhol mais Tony Wilson et Manchester!
Dans la soixantaine de chansons enregistrés par Joy division entre 1976 et 1980 (2 albums et des singles à gogo) j'ai eu beau chercher un raté, une faille mais je n'ai rien trouvé, c'est bien le meilleur groupe du monde.
JOY DIVISION
lundi 5 octobre 2009
MANCHESTER est LA capitale mondiale du rock! (2/20)
Où l'on retrouve Morrissey à ses débuts accompagné de l'excellent Johnny Marr au sein d'un des groupes les plus fabuleux des années 80: les Smiths. La quintessence du groupe de rock indépendant!
THE SMITHS
jeudi 24 septembre 2009
Vendanges nîmoises
C'était il y a une semaine maintenant, vendredi 18 septembre 2009, 16h, Nîmes, café de la bourse face aux arènes, un pastis à la main. 11 ans jours pour jours après la 1ére fois. L'auteur du livre que je viens d'acheter est juste à quelques tables de moi avec ses potes, ils font de drôles de têtes et puis je n'ai pas de stylo, merde!
11 ans jours pour jours donc aprés l'alternative du Juli (j'y étais). Sur la pierre millénaire des amphitéatres (on dit andanadas à Madrid) où les romains usèrent leur toge il y a quelques temps maintenant, on s'est préparé pour l'orage diluvien annoncé depuis la veille... On confirme les alternatives ici alors l'arlésien Roman Perez passe en 1er devant les toros de Garcigrande... 1 oreille. Puis vint El Juli. Il sembla commencer sa faena dés la sortie du toro, avec sa cape (!) qu'il mania avec une science jamais vu. C'est simple, jusqu'au dernier souffle du toro El Juli ne fit que le geste parfait, une domination technique exceptionnelle atteignant la perfection et d'une grande beauté plastique qui plus est. Il fut en plus intelligemment accompagné par l'orchestre des arènes. On regardait ça en silence avec la chair de poule. Une leçon de tauromachie. Ils appellent ça un faenon maintenant dans la presse. Du grand art. 2 oreilles directes. Castella n'a pas existé après et El Juli est revenu quand enfin l'averse promise nous est tombé sur la gueule! Quel bordel dans l'arène avec les picadors et les peons. El Juli reprend heureusement les choses en main pour une nouvelle domination technique. 1 oreille. A noter les 6 estocades entières, recta, du jamais vu pour ma part. Ce monstre d'El Juli sort par la porte des consuls comme on dit là bas (3 trophées minimum).
Aprés une journée de repos, sous le regard du Pic Saint-Loup, qui est quand même passée par Uzès, Montpellier, l'intermarché de Lunel, les vignes, encerclés par les abrivados que nous fûmes... Nous revoilà aux arènes le dimanche matin, sous le soleil cette fois, pour le mano a mano Castella/Morante. Toujours autant de monde dans le callejon nîmois, Jugnot est là avec son pote Margé. A la jumelle je vois Margé, l'empressa des arènes bitteroises, serrer la pince à Morante lui qui n'est jamais venu toréer à Béziers...
Alors que j'étais venu pour Morante c'est la surprise, pour la 1ère fois Castella va m'émerveiller. Il m'avait toujours déçu que ce soit à Béziers ou à Nîmes l'an dernier. Mais là il s'est vraiment comporté en patron. Il a fait du toro de Victoriano del Rio ce qu'il voulait. On a encore frissonné sur les gradins. 2 oreilles. A son 2ème, Castella fera son spécial, aller toréer dans les cornes du toro à bout de forces chercher les passes une par une au plus prés de l'émasculation! Cette fois il est allé vraiment prés! 2 nouvelles oreilles. Pendant ce temps là Morante nous a gratifié d'une belle faena avec son entame superbe épaules haussées. Malgré quelques moments de grande pureté et de belles séries de passes il a moins transmis d'émotion sur les gradins... Il est en plus allé s'enfermer dans un coin et ne nous a rien montré à la cape lui le génie de la véronique templée. Alors un peu de frustration quand même pour le maestro andalou. 1 oreille (j'ai agité mon mouchoir). Avec les jumelles je m'aperçoit que son valet d'épée n'a pas le physique de l'espagnol moyen et encore moins d'un sévillan. Hallucinant, c'est un vrai rouquin baraqué. Une sorte de rugbyman irlandais ou un étudiant du Massachusetts est le plus proche collaborateur de Jose Antonio Morante de La Puebla! Aprés tout l'oenologue de la Tour d'Argent est bien anglais.
C'est donc Castella qui sort par la porte des consuls.
Le soir les nuages menaçants sont revenus et nous n'echapperont pas à une dernière averse. Jean-Baptiste Jalabert alias Juan Bautista se bat avec ses moyens contre un exemplaire de Valdefresno. C'est brouillon. A son 2éme adversaire il usera de la passe circulaire pour conquérir (facilement) le public. Que cette reactivité extreme du public m'énerve, comme en transe, dés qu'un torero pose une main sur le cul du toro et le fait tourner autour de lui avec la muleta dans l'autre main. Le torero ne risque pas grand chose en plus... A quand la faena intégralement circulaire??? 1 oreille pour Jean-Baptiste. C'est au tour de Miguel Angel Perera d'entrer en piste, le "numero uno" de la saison passée. Il a de la classe et c'est sa grande qualité. Car au niveau du style il est le frère jumeau de Castella: tauromachie froide, arrêté, dans des terrains très réduits. Il finira son oeuvre avec la passe circulaire, lui aussi, mais avec tellement plus de classe... 2 oreilles. Je l'ai prédit à mon voisin "et maintenant la queue!" avant le dernier toro de l'apres midi, de la féria et de la temporada française. Daniel Luque, le jeune torero de 20 ans qui monte, a déjà glané 1 oreille à son 1er passage mais sans particulièrement nous faire frémir. Mais là avec un toro d'une noblesse certaine il va se lâcher. Apres un beau début de faena il plante l'épée factice, qui tend la muleta, dans le sable de la piste, perpendiculaire! Il ne la reprendra pas. Il va enchainer les naturelles de la main droite (figure trés rare) puis de la gauche évidemment. Alors que je l'observe en gros plan aux jumelles il invente carrément des passes avec des changement de mains diaboliques aux nasaux et à la barbe du toro. Le public est en transe. Aprés une estocade entière le toro vient mourir aux pieds du maestro. Le président abat alors tous ces mouchoirs: 2 oreilles, la queue et vuelta al ruedo pour le toro! 2 whiskis et une coupe de champagne devrais je ajouter. Inutile de vous dire que Luque est sorti par la porte des consuls avec un sourire jusqu'aux oreilles après avoir donné une tape amicale à la dépouille du toro!
Bilan: toros pour vedettes quasi miraculeux (bonne présentation et assez de forces pour la plupart, pour une fois!), 5 faenas à 2 oreilles et plus, 3 portes des consuls...
On reviendra.
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