mercredi 22 avril 2009

On the road again

DU BON USAGE DES MUSIQUES ET DES ROUTES
J'ai récuperé ma Hyundai Elantra chez Hertz lundi dernier à Culver City. Un homme d'une cinquantaine d'années rapporte sa voiture devant moi. Il a vraiment la tête de l'américain moyen avec sa casquette, son jean et sa grosse paire de baskets blanches... sauf que quand il se retourne il a une longue tresse de cheveux de cinquante centimètres!
Me voila donc reparti pour un tour sur mes routes preferées... Et j'avais aporté les disques qui vont bien pour optimiser les trajets.
Pour commencer, Mulholland Drive évidemment. La ville de Los Angeles est traversée au nord d'une mini chaine montagneuse (c'est sur l'un de ces monts que se trouve la célèbre inscription HOLLYWOOD) et la route de Mulholland serpente sur la crête de ces collines. On ne sait pas trés bien où  commence et où finit Mulholland Dr mais entre la San Diego freeway, la 405 (prononcer four o five) et la 101 (one o one) on est en plein dedans! D'un côté de la route Hollywood, de l'autre la San Fernando Valley ce damier residentiel gigantesque de près d'un million d'âmes  qui abrite aussi la plupart des grands studios, Universal, Warner et Disney. Mulholland Dr est une route très sinueuse, bordée de précipices et de demeures improbables. C'est au numéro  12800 qu'habite Jack Nicholson mais je n'apercevrais que son portail et le mur de bambous qui cache l'allée qui mène à sa maison. On trouve de tout question architecture, des chef d'oeuvres de design moderne, les charmantes villas de type hispanique et les horribles maisons de ces riches qui n'ont pas de goût. C'est un sacré mélange. Mais l' intérêt majeur de cette route c'est la vue qu'elle offre sur les 2 faces de la ville avec ses panoramas sidérants. Pas de doute, on est bien dans la cité des anges mais attention, les coyotes rôdent et on retrouve régulièrement des cadavres! Pour le plaisir des oreilles j'avais choisis le dernier album de Brian Wilson, That lucky old sun, concept album à la lumière chaude sur la ville de Los Angeles écrit avec son vieux partenaire Van Dick Parks. Just perfect.
Quelques jours plus tard j'ai choisis d'enchaîner du lourd, Pacific Coast Highway et Sunset Boulevard dans la même journée. 
PCH est l'autoroute qui longe le pacifique au niveau de Los Angeles. En fait on longe les garages  des fameuses maisons qui donnent sur la plage de Santa Monica et de Malibu. Il faut quand même sacrément aimer la plage parceque le bruit de l'autoroute juste derrière sa maison... Le problème avec cette route c'est qu'on ne sait jamais quand on doit faire demi tour! Je crois que j'étais encore dans Malibu quand j'ai décidé de faire un demi tour à l'arrache. Il faut dire que les Etats-Unis sont le pays où il est impossible de faire demi tour, il n'y a pas de rond point!!!  Pour admirer la sublime côte californienne avec ses plages et ses collines ensoleillées  j'écoute l'album mélancolique de Dennis Wilson, le frère de Brian, le Beach Boy maudit, qui repose justement là dans le Pacifique, sur dérogation spéciale de Ronald Reagan, où il est mort noyé il y a 25 ans.
Au retour je tourne sur Sunset, l'artère mythique de Los Angeles qui ne semble pas avoir de fin traversant tant de bourgades fameuses, Pacific Palissades, Brentwood, Beverly Hills, West Hollywood, Hollywood etc... Ca commence d'ailleurs à bouchonner sévère, je n'avance plus. La ballade aura duré 3h30. C'est aussi ça Los Angeles. Mais quelle idée j'ai eu d'avoir emporté un CD de Gerard Manset et de l'écouter là sur Sunset. Peut être parce que Manset est l'un des chanteurs les plus impressionnants, profonds, majestueux et impensables qui existe.

DANS LE DESERT DE LA MORT
J'ai décidé d'aller voir plus loin à l'interieur des terres, de quitter l'agglomeration de L.A., de quitter la côte pour m'enfoncer dans le desert... 
Pour quitter la ville Los Angeles est fidèle à sa caricature. Ce ne sont que d'interminables tronçons d'autoroutes, 2 fois 4 voies minimum, qui s'enchevêtrent perpétuellement! La concentration est à son maximum surtout que comme sur le perif parisien les entrants ont la priorité et il y a aussi des sortis par la voie de gauche. De plus on ne roule pas sur de l'asphalte mais sur des sortes de grands blocs de bétons qui remuent drôlement! Alors qu'on se croit au milieu de nulle part, L.A. est loin derrière maintenant, qu'on s'attendrait à être seul sur la route, on est toujours entouré d'un million de voitures sur une 2 fois 6 voies! Ca me rappelle la Nappa Valley. Mais à la longue la civilisation commence à se raréfier enfin et le thermomètre à monter. Et là je ne vous raconte même pas le nombre de pneus éventrés qui jonchent la route, c'est démentiel! Attention, des pneus de bagnoles americaines, des trucs énormes! C'est super chaud, faut les éviter. C'est le moment de la grosse parano, j'espère que mes pneus sont nickel et qu'à Hertz ils ont vérifiés la pression! Passé le gros du trafic, arrêt déjeuner, lunch, à Victorville. On se croirait dans un film des frères Coen. C'est vraiment un trou perdu, très rural, peuplé de cow-boys latinos à la peau tannée. On sent qu'il n'y a rien à faire dans cette ville. Dans un resto mexicain du bord de route je commande les super nachos. Il y a dans mon assiette de quoi nourrir 2 militaires affamés! Je vais au bout de mes forces et j'en avale la moitié! Il faudrait pas que je m'endorme sur la route... On arrive d'ailleurs sur la 127, celle qui mène dans la Death Valley. J'en profite pour me faire plaisir en introduisant Bleu pétrole dans la platine CD de la Hyundai. Je l'avoue, il aura fallu que Bashung meurt pour que je m'intéresse à cet album. Je ne pensais pas qu'avec Gaétan Roussel de Louise Attaque, dont je ne suis pas hyper fan, Bashung pouvait égaler ses plus grands disques mais j'avais tort. De plus Gérard Manset est l'auteur de quelques chansons et je pensais que seul Manset pouvait chanter du Manset. Mais j'avais tort, Bashung s'accapare tout et se l'approprie à merveille. Cet album est bien un chef d'oeuvre. Et Gérard Manset le seul homme au monde à pouvoir placer le mot IMPUTRECIBLE dans une chanson! C'est d'ailleurs dans une chanson exceptionnelle, l'une des plus fortes qui m'ai était donné d'écouter, Comme un lego. 9 minutes métaphysiques au milieu du desert entouré par les montagnes, c'est bien là qu'il faut l'écouter. C'est grand.
Arrivé à Death Valley Junction, "ville" de mon hotel, je dois reprendre la route 7 miles pour trouver à manger. Et là c'est la surprise, le Nevada! Et 100 metres apres la frontière, un casino!
On pénètre là dans le temple du kitsch, un Las Vegas du pauvre. Et ça clope! Et oui, chaque état a sa propre législation. Et on vous fait vite comprendre que le fumeur est roi. C'est eux qui ont les maxi écrans pour regarder la NBA. Le repas ne sera pas extraordinaire et en même temps quand je vois la tête du cuistot passer les plats au bar je comprends: un vieux Thénardier au faciès inoubliable à qui il reste 3 dents! Dans la salle de jeux je vais claquer un dollar dans une machine dont je ne comprends même pas comment marche le jeu! Sous le regard d'une tête de bison, d'un mannequin de Napoléon, j'en passe et des meilleurs...
Le lendemain je survivrais à l'enfer promis dans le désert de la mort. C'est bien la clim dans les voitures! Et le soir à Palm Springs j'ai retrouvé mes consultants sportifs préférés, Kenny Smith et Charles Barclay sur TNT, et mon équipe préférée, les Spurs qui ont atomisés Dallas emmenés par un Tony Parker des grands soirs! 

2 commentaires:

Unknown a dit…

Et bien l'ami, je vois que les aventures d'Olmer aux States nous proposent un nouvel épisode bien fameux. Franchement, j'aimerais un jour t'accompagner pour faire une de ces balades. Ca doit être super risqué de photographier l'autochtone! Bonne route et à bientôt mon poteau!

PIA a dit…

A propos de "Comme un légo"... j'ai osé une reprise écoutable à l'adresse suivante : http://peopleignorewhoiam.free.fr/Media/Silence/Comme_un_lego.mp3